un jour, Aliénor m’a dit – Karine Micard

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Vous est-il arrivé de trouver des réponses dans un roman ?
Un jour, Aliénor m’a dit s’est glissé dans ma boite aux lettres. N’attendant aucun colis, je me hâtai de décacheter l’enveloppe et découvris la belle surprise des éditions Stock.
L’embellie fragile d’avant-jour se reflétait sur la couverture aux éclats dorés et de l’image irradiait l’incandescence de l’Aurore, là où les sensations sont absolues et exaltées.
Peu adepte des romans de développement personnel, je me laissais envoûter par cette couverture aux semblants d’éternité.

Je l’avoue, je ne m’attendais pas à de la grande littérature ou à un roman coup de poing et je n’aurais probablement pas apprécié ce livre si je l’avais lu dix mois plus tôt. Toutefois, il est apparu à la bonne période, alors que je remettais en question certains de mes choix de vie.

L’histoire commence de manière plutôt classique. Aurélia, trente-cinq ans, anime l’émission à succès « C’est un scandale ! ».  Surinvestie dans son métier, elle subit la pression incessante de sa supérieure et traverse sa vie de famille comme une ombre dépassée par le quotidien : son couple chancelle dangereusement et ses enfants grandissent sans qu’elle s’en aperçoive.
A ce stade, on se doute que sa vie va prendre un tournant et nul grand suspens ne nous saisit à la lecture.
Mais attendez un peu…
C’est à Bordeaux, suite à l’agression d’un industriel véreux sur qui elle enquête qu’Aurélia va vivre une rencontre surprenante. Apparition, hallucination, révélation ? Aliénor d’Aquitaine, grande reine du Moyen-Age, lui parle, la guide, la conseille et lui révèle l’existence du « féminin sacré ».
« Le féminin sacré, chère Aurélia, c’est l’art pour une femme de savoir renouer avec sa force profonde, de savoir redevenir libre et sereine… »

Dès lors, Aliénor prend le temps et agit avant de subir. Il ne s’agit plus d’essayer de se frayer un chemin qui la fera réussir en tant que journaliste, femme, mère et épouse mais de provoquer son destin et de vivre sa vie pleinement, sans se laisser étouffer par le pouvoir, l’intimidation et les « il-faut-que ».

Le livre a un côté naïf à la fois irritant et élégant.
S’il m’a été difficile de croire au revirement soudain d’Aliénor, j’ai été sensible à certaines réflexions qui abordent des questions existentielles. Ces sujets sont traités de façon superficielle mais cette légèreté offre une lecture souple et fluide.
L’élégance tient de la galanterie d’Aliénor d’Aquitaine dont les expressions désuètes et l’ignorance du monde actuel m’ont fait quelquefois sourire.
Enfin j’ai aimé l’originalité de cette rencontre improbable entre deux époques, le XXIème siècle et le Moyen-Age. J’ai pu découvrir la vie d’Aliénor, comparer l’évolution de la place de femme dans notre société et conforter ce que je m’évertue à diffuser autour de moi : l’importance de la solidarité féminine dans l’accomplissement des femmes en société.

Pour finir, je conseillerai ce livre aux femmes adeptes d’écrits légers ou de romans de développement personnel… ou à celles qui, emportées dans le carcan du quotidien, devraient s’accorder un temps pour savourer l’instant présent.

« Je vais te révéler la toute première clé du féminin sacré. Nous en avons parlé hier, harmoniser son énergie masculine et son énergie féminine permet de se réaliser. Quand l’une ou l’autre domine, c’est la porte ouverte aux excès : besoin de domination sur autrui quand le masculin intérieur existe un peu trop, passivité subie quand le féminin déborde. Quand les deux se marient, ton énergie féminine reçoit des idées inspirées des mondes subtils que ton énergie masculine t’aide à mettre en action dans la matière. Ce processus est naturel et évident, mais il peut être paralysé par toutes sortes de peurs. Les peurs t’éloignent de ton plan de vie idéal, tandis que la confiance et l’amour t’en approchent. Quelle peur t’empêche, chère Aurélia, de te libérer de ta geôle ? Car tu es toi aussi dans une sorte de captivité, n’est-ce pas ?
– Oui, je me suis aperçue il y a peu que j’étais prisonnière d’une vie qui ne me ressemblait pas. Je dois fidéliser toujours plus de téléspectateurs, j’ai peur de décevoir, de ne pas être à la hauteur. J’ai aussi peur de Noémie, parfois, et j’ai peur de décevoir Antoine et les enfants…
– Beaucoup de peurs en effet. La première clé va te permettre de t’en débarrasser et de te réaliser. Pour répandre au mieux ta singularité dans ce monde, tu dois identifier tes passions, tes envies et tes désirs, ton seul indicateur devant être la joie. »

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